23/02/2011

Reseña de la video conferencia “Adolescencia y Sexuación”




El miércoles 26 de Enero de 2011, la NEL-Maracaibo tuvo el placer de escuchar una video conferencia de Mario Elkin Ramírez, Miembro de la NEL-Medellín y de la AMP, titulada “Adolescencia y Sexuación”. Ramírez aclaró que parte de esta conferencia responde a su trabajo de investigación que está realizando en sus estudios de Doctorado.


Comenzó enunciando que la existencia de la adolescencia como categoría no había existido siempre y que J.J. Rousseau era un autor imprescindible para abarcar esta problemática así como para re-pensar las relaciones entre el hombre ‘natural’ y la cultura.


Realizó un detallado análisis de la obra “Despertar de Primavera” (1891) de Frank Wedekind. (1864-1916). En esta obra Wedekind trata sobre la sexualidad y la pubertad entre unos estudiantes y muestra los diferentes modos en que cada uno de ellos responde al encuentro con la sexualidad. Ramírez señala que Lacan realiza un breve comentario de esta obra. De este modo su análisis marca que el sujeto-niño no puede interpretar lo que luego hará en su adolescencia. Por supuesto, que este “interpretar” constituye una medio mentira porque se reinterpreta algo que tapa lo pulsional.


La obra de Wedekind muestra de un modo hermoso y muy bien narrado los diferentes modos en que pueden suceder los llamados despertares en la adolescencia y las diferentes respuestas que toman los estudiantes. En dicha obra se percibe el hecho de que hace falta que haya un despertar inconsciente, para que luego pueda producirse un despertar en la sexualidad. La frase que da cuenta de ello es la siguiente “…No pensarían los muchachos, lo que sería hacer el amor con las muchachas, sin antes tener los sueños de estos adolescentes…”. Esto va a acorde con dos señalamientos de Freud: 1) la herencia es psíquica y no somática; y 2) Los sueños son realizaciones de deseos reprimidos.


En cambio, para Lacan hay dos despertares: a) Cuando despertamos de un sueño para volver a dormir, para volver a la inercia del principio del placer y b) y en la adolescencia cuando el muchacho o la muchacha se encuentra con el otro sexo y se encuentra con la no-relación sexual. Este es el real al cual despierta el adolescente. Se pasa entonces de una satisfacción autoerotica en la niñez, a una satisfacción aloerotica en la adolescencia.


Así mismo, Ramírez hizo referencia también a la obra de Stanley Hall, psicólogo americano, que intenta conciliar los altos niveles intelectuales, morales y religiosos de la humanidad con la sexualidad. Y que tanto Wedekind como Lacan muestran lo imposible de esta tarea.


Estos planteamientos permitieron a la sede preguntarse por la diferencia entre el encuentro con lo real en tanto goce-otro en el niño, por ejemplo en el caso analizado por Lacan de Juanito en el Seminario 4 y el encuentro con la no-relación sexual en el adolescente. ¿Qué diferenciaría a estos encuentros?


Queremos agradecer, una vez más, a Mario Elkin Ramírez por su cálida disposición y por habernos transmitido parte de los conocimientos adquiridos en el trabajo que viene realizando sobre la adolescencia.


Mercedes Iglesias

Luis Iriarte

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Nueva Escuela Lacaniana Sede Maracaibo
(NEL-Maracaibo)

01/10/2010

Dix stratégies de manipuation de masses

Les dix stratégies de manipulation de masses
Noam Chomsky
Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.

1. La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2. Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3. La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4. La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5. S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6. Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7. Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9. Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10. Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

23/09/2010

Entre Ecole de Francfort et "freudo-marxisme"

Elisabeth Roudinesco

En 1986, Norbert Elias portait un jugement sévère sur les psychanalystes : "La tendance de la profession psychanalytique à éviter toute discussion théorique avec ceux qui n'appartiennent pas à son univers, disait-il, obère considérablement l'héritage de Freud. Si cette tendance est fondée sur le postulat tacite que seuls des analystes formés peuvent comprendre la nature et le travail de l'inconscient, il faut rejeter fermement une telle prétention."
Et pourtant, il savait que cette fermeture des praticiens à l'histoire de leur discipline n'avait pas toujours été de mise puisqu'il avait lui-même participé, cinquante-cinq ans plus tôt, à l'une des rencontres les plus fécondes qu'ait connues le mouvement intellectuel européen de l'entre-deux-guerres : celle qui eut lieu à Francfort, autour des années 1930 - et à la veille de l'avènement du nazisme - entre le Frank-furter Psychoanalytisches Institut (FPI), fondé par Karl Landauer et Heinrich Meng, et l'Institut für Sozialforschung (IFS) dans les locaux duquel il était installé et où travaillaient Theodor Adorno, Max Horkheimer, Leo Lowenthal, Erich Fromm, Herbert Marcuse.
Noyau de la future école de Francfort, cet Institut de recherches sociales fut à l'origine de l'élaboration de la Théorie critique, doctrine sociologique et philosophique qui s'appuyait sur la psychanalyse, la phénoménologie et le marxisme pour réfléchir aux conditions de production de la culture au sein d'une société dominée par la rationalité technologique. C'est là qu'Elias se forma à la lecture des textes freudiens.
Tous ceux qui s'étaient engagés dans cette aventure se réclamaient soit de la gauche social-démocrate, soit du communisme, soit du freudo-marxisme - visant à lier révolution subjective et transformation sociale - soit encore d'un néofreudisme orienté vers un dépassement ou une révision de la conceptualité freudienne. A cette mouvance francfortoise se rattachaient trois psychanalystes viennois : Sieg-fried Bernfeld, Wilhelm Reich, Otto Fenichel, les deux derniers installés à Berlin. Comme leurs collègues de l'IFS, ils fuiront l'Allemagne nazie. Un seul d'entre eux, Karl Landauer, sera assassiné à Bergen Belsen en 1945.
Sauvagerie originelle
Conservateur éclairé, Freud était convaincu que les pulsions destructrices propres à l'humanité devaient être contrôlées par un gouvernement des élites et non par les tenants d'une démocratie de masses. En outre, même s'il était attaché à l'émancipation des peuples par le droit, il restait tributaire d'une vision évolutionniste des rapports de la nature et de la culture, considérant que l'arrachement de l'homme à sa sauvagerie originelle passait par des processus inconscients : la sublimation plutôt que le libre arbitre. Aussi était-il éloigné de tous ceux qui, à Francfort, effectuaient une lecture novatrice de sa doctrine en cherchant à lier autrement que lui l'individuel et le collectif.
Elias avait en commun avec Adorno, Horkheimer et Lowenthal de regarder l'oeuvre freudienne comme une théorie de la culture que l'on pouvait détacher de la clinique. Si le premier critiquait chez Freud le dualisme pulsionnel ou le mythe du meurtre du père, les deux autres lui empruntèrent l'idée que le progrès pouvait se retourner en son contraire. Adorno et Horkheimer firent de lui un Hegel de la modernité : "Ce besoin (chez l'homme) d'être cruel et de détruire résulte d'un refoulement organique de toute relation entre le corps et l'esprit ; Freud en eut l'intuition géniale."
Quant à Lowenthal, il n'hésitait pas à historiciser la pensée de Freud en montrant que le déclin de la famille bourgeoise lui avait permis de construire, dans le contexte viennois, sa doctrine de la pulsion de mort : thèse à laquelle Jacques Lacan souscrivait, lui aussi, en 1938.
En France, c'est aux philosophes qui entrent en scène dans les années 1960 - de Foucault à Derrida - que l'on doit une lecture de l'oeuvre de Freud aussi intéressante que celle des tenants de l'école de Francfort. Et c'est à travers cet héritage que la pensée freudienne s'est enrichie. Au point qu'aujourd'hui, à la lecture des multiples interprétations divergentes qu'elle a suscitées - dont celle de Norbert Elias -, on a l'impression que le "vrai" Freud reste celui de ses meilleurs commentateurs.

Source:

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/09/22/entre-ecole-de-francfort-et-freudo-marxisme_1414521_3260.html#ens_id=1408826

29/07/2010

L´éthique à l´ère de la globalisation, Antonio di Ciaccia.

Dans le titre de cette troisième réunion nous retrouvons la conjonction de deux termes, éthique et globalisation.
Tout d´abord, concernant le premier nous pouvons le situer au commencement de la pensée philosophique. Pour ce qui est du second, en revanche, nous ne trouvons pas, sauf dans certains dictionnaires, la signification qui nous intéresse dans ce débat.
Bien que paraissant un néologisme, le mot global n´est pas récent et a ses titres de noblesse. Carl Schmitt , le plus moderne défenseur de la conception subjective, l´employa pour la première fois en 1950 dans le sens que nous l´utilisons actuellement. Jacques-Alain Miller nous le rappelle dans quelques unes de ses réflexions dédiées à cet auteur, dans son cours « De la naturaleza de los semblantes » (1)
Dans « El nomos de la tierra » [nomos =découpage des parcelles en Grèce] (2) Carl Schmitt, introduit le mot global dans toute un problématique de résolution, sans pour autant qu´il soit question de solution heureuse. Cette problématique c´est la dialectique indispensable pour articuler norme et localisation, Ordnung et Ortung, ce qui veut dire, dans notre mode de pensée, entre le symbolique pour ce qui relève de la norme et du droit, et le réel pour ce qui relève de la Terre, là où habite l´homme (3). La solution réalisable pour les hommes est –en référence à notre dialectique- celle du semblant. On fait la guerre, par exemple comme si c´était un jeu purement symbolique pour jouer, et malgré les morts et les destructions, on répète sans cesse le même jeu.
Pour Carl Schmitt, le mot global a un sens nettement politique, tandis que l´acceptation actuelle du terme recouvre au delà de ses apparences une dimension économique.
En réalité, la globalisation est un concept d´économie politique. Je rappellerai au passage l´importance qu´a donné Lacan non seulement à la politique mais également au poids que doit avoir –et qu´actuellement il n´a pas- le psychanalyste dans l´élaboration de la politique. Cette importance que Lacan attribue aux études économiques, se retrouve dans son Séminaire « L´envers de la psychanalyse ». C´est ainsi, disait-il, qu´établir ce champ énergétique qu´est le champ de la jouissance, lequel requiert des structures distinctes de celles de la physique, cela concerne les psychanalystes. (4)
Qu´est-ce que la globalisation ? La globalisation est une révolution. Une révolution silencieuse. Une révolution totale. C´est une révolution parce qu´elle modifie la relation du sujet avec l´autre. C´est une révolution parce qu´elle perturbe le niveau de la communication. Cette perturbation élimine la séparation entre les individus : dans un monde global, n´importe quel proche ou lointain, peut se changer en voisin. La globalisation implique, de fait, un changement radical qui jusqu´à maintenant ne s´était jamais produit dans l´espace et le temps. On qualifie la globalisation, d´une action humaine particulière, en simultanéité avec d´autres qui proviennent de n´importe quel lieu, on peut se déplacer directement d´un endroit à l´autre de la planète, atteindre n´importe quelle partie du monde, en annulant totalement l´espace physique, ce qui signifie que la distance est comprimée au maximum, si ce n´est réduit à zéro le temps nécessaire pour accomplir une même action.(5).
Quelle est la voie pour que l´action trouve un écho ? La voie est celle de la communication. Mais dans la globalisation la communication utilise l´espace et le temps dans une dimension particulière : La cybernétique, qui est un espace sans espace et un temps sans temps.
En 1955, à la conférence « Psychanalyse et Cybernétique », Lacan parlaient des merveilles de la cybernétique. Mais ces merveilles renvoient au fait que la cybernétique, comme la psychanalyse, fonctionnent à partir de l´axe du langage.
Aujourd´hui d´autres parlent également des merveilles de la cybernétique, mais dans un sens différent, dans le sens des résultats auxquels mènent la globalisation, dans le champ politico-économique. « Perché la globalizzazione ci fa bene » (Pourquoi la globalisation nous fait du bien) est le sous-titre du récent livre de Palolo Del Debbio.(7)
Cependant, si la globalisation nous fait du bien à nous, le problème est de savoir si elle fait aussi du bien aux autres (8). Noam Chomsky pense qu´elle ne fait du bien à personne ; « Sous la peau » est le titre de son dernier livre sur ce thème(9) De toute facon, sont nombreux ceux qui se lamentent des désastres faits et à venir. Je n´interrogerai pas la volumineuse littérature sur le global et le non global, ni les différents modèles proposés sur la dénommée global gouvernance. Je ne me propose pas d´évaluer le bien ou la perversité de la globalisation.
Bref commentaire sur quelques aspects de la globalisation : Premier aspect : elle favorise la possibilité d´être proche avec n´importe qui, un proche on se doit de l´aimer selon la bible, en revanche selon la structure il faut l´éliminer puisqu´il occupe le même espace vital.
Second aspect : la globalisation est une universalisation, mais imaginaire, dont le tiers est éliminé, avec pour conséquence de supprimer la dialectique ami-ennemi et réduire l´opposant comme un criminel. De là, l´émergence de troubles et insécurités déstabilisantes dans le social et dans la politique.
Troisième aspect : la globalisation, qui n´occupe pas d´espace, met en danger la souveraineté des états, dans lesquels les lois sont établies sur des espaces définis.
Quatrième aspect : la globalisation ne fonde pas de communautés mais des centres commerciaux, ne produit pas de citoyens mais des consommateurs.
Cinquième aspect : la globalisation, marche moderne, véhicule une information dans laquelle avec habilité sont manipulés, au niveau mondial, les faits et les opinions.
Sixième aspect : le global supporte une tension avec le local, et essaie d´y remédier en se servant dudit local.
Septième aspect : la globalisation acte le débat entre citadins et Etats dans ce qui fonde les démocraties. Ces démocraties n´en n´ont que le nom dans beaucoup d´états et dans les états prédominants ce sont des oligarchies camouflées.
« Ces démocraties s phagocytées en empires » (10) (titre du volume de Michael Hardt et Antonio Negri), où s´entrevoit « La fine Della Liberta » (titre du livre de Gore Vidal).(11)
A Baldassarre émit l´hypothèse que l´époque de Locke avec sa moralité de la démocratie est terminée, parce que pointe à l´horizon la revanche de Hobbes avec quelque souverain absolu, qu´il soit illuminé ou non.(12)
Si l´enseignement de Lacan peut nous apporter plus de clarté dans tous ces aspects, je me limiterai à un seul. Je souhaite mettre l´accent sur le fonctionnement de cette machine qui broie tout de manière inévitable, mais qui perdure jusqu´à sa fin.
Il y a peu de temps que les économistes ont pris conscience que l´économie de marché fonctionne selon des lois internes – c´est-à-dire strictement symboliques -, et par rapport auxquelles, c´est une évidence, le fonctionnement du réel est indépendant de n´importe quelle subjectivité. La cybernétique, sur laquelle se base l´économie de marché ainsi que la globalisation est, rappelle Lacan une science d´horizons variés, de rencontres multiples, une science de combinaisons, totalitariste (Lacan ne prononce pas globalisation), une science qui se met à fonctionner seule, sur elle même. (13)
Ceci donne le caractère incontrôlable –type chaîne signifiante- du fonctionnement de ce système économico-politico qu´est l´économie de marché.
Maintenant, à ce fonctionnement automatique et ingérable, qui s´articule comme une syntaxe – comme l´affirme Lacan de la cybernétique- je lui ai attribue un sens, une direction, une finalité.
Le marché est ainsi comme une machine qui s´autorégule selon le signe imagé de « La mano invisible » d´ Adam Smith.(14)
De là, ordre est donné –selon tous les néolibéraux- de ne pas contrarier la machine de l´économie de marché parce que non seulement elle est incontrôlable mais en outre elle sait où aller. Je souligne ces deux aspects : c´est une machine qui sait vers où se diriger.
Première remarque : nous connaissons la nature de cette machine, parce qu´elle se base sur la cybernétique, c´est une machine de langage.
Seconde remarque : si cette machine s´autorégule, et s´autodirige, alors entre en jeu sa finalité.
Je vous rappelle la définition d´Aristote : la finalité de l´éthique c´est ce vers quoi chaque chose tend.(15) L´éthique est déterminée et prend son sens uniquement à partir de sa fin. Sa fin est le bien. Il s´agit du bien de l´homme, non du bien univoque et comme réalité (16) comme le pensait Platon. Lequel bien dans l´élaboration scolastique coincide avec Dieu (17) jouissance permanente propre à chacun.(18)
Nonobstant la multiplicité des signifiants du bien, non pas « hiperuránico »(19) mais concrets et particuliers, dans toute la tradition aristotélicienne-humaniste on traite toujours du bien auquel tend l´action humaine et pour le bénéfice de l´homme. Cette centralisation du bien de l´homme perdure, au-delà de ce que nous mettons ou non dans une conception théiste.
Le grand changement, la grande crucifixion, (20) comme le signale Lacan, survient avec l´utilitarisme. Pour deux raisons : d´abord parce que en l´associant au niveau du signifiant , on donne de l´importance au fonctionnement d´une machine (machine signifiante, selon nous) qui fonctionne de manière inexorable et inévitable. Ensuite, parce que le but de l´éthique n´est pas le bien de l´homme, comme le soutien la tradition philosophico-humaniste, mais est inhérent au fonctionnement de ladite machine. A partir de cela, Bentham initie une dialectique entre le symbolique et le réel, qui sera investie plus tard par toute l´expérience freudienne .(21)
Ainsi, tant l´éthique utilitariste, que l´éthique psychanalytique, se valorisent du fonctionnement d´une machine qui représente l´appareil symbolique articulé avec le réel. Seulement après l´utilitarisme suit, à l´appel l´éthique de l´économie de marché. En revanche, dans le cas de la psychanalyse surgit avec Lacan l´éthique du désir.
L´éthique de l´économie de marché n´a rien à voir avec le bien de l´homme, la machine va là où elle doit aller, suivant sa trajectoire inévitable, et incontrôlable. Les néolibéraux affirment que la machine conduit à une fin nécessairement positive puisque c´est le meilleur système, jusqu´à maintenant jamais rencontré pour la création des ressources. Pour ce motif à être le bien du marché et le bien de l´homme, un processus qui n´est pas dirigé par l´intentionnalité de l´homme peut chercher le mal. Maintenons nous toujours dans la problématique d´une éthique qui se fonde dans la définition aristotélicienne : ce vers quoi chaque chose tend.
Le point à considérer est le suivant : Il y a substitution par rapport au bénéficiaire de cette tension. On ne parle pas de l´homme, mais du fonctionnement de la machine même. Max Weber l´explique en ces termes : là où le marché est abandonné à son autorégulation on connait la dignité de la chose mais pas celle de la personne.(22)
Ainsi, comme l´éthique de l´économie de marché, l´éthique de la psychanalyse se situe du côté de la machine symbolique et de son fonctionnement.
Quelle est la différence entre les deux éthiques ? La différence ne réside pas dans leur humanisme. Ni l´éthique du marché, ni l´éthique de la psychanalyse ne sont humanistes. Pas plus la première, que la seconde ne veulent le bien de l´homme. La différence se situe au niveau de la prise en compte du réel.
Dans l´éthique de l´économie de marché le réel en jeu est l´accumulation de richesses. C´est pure illusion. Mais c´est une complication, c´est sûr. Pourquoi ? Parce que la richesse est seulement l´accumulation des résultats de la machine laquelle fonctionne selon la loi du signifiant, ignorant la valeur et les droits des hommes. Ce serait comme si nous autres psychanalystes, nous considérions que le réel d´une analyse consiste dans l´accumulation des connaissances et du savoir, que le processus analytique favorise généreusement tout comme l´aspiration du moi à devenir maître. C´est davantage dans l´économie de marché que la richesse tient sa propre richesse, c´est ce que Marx appelle la plus value.
L´éthique de l´économie de marché nous fait croire que le réel est la richesse ; en échange, le réel est que le riche ne paie pas, comme le souligne Lacan. (23)
Ce réel consiste dans le trou qu´implique le fonctionnement du symbolique. Alors, figurons nous, comme les belles âmes helléniques, que le fonctionnement de la machine n´est assorti d´aucun trou, que le symbolique y est inclus entièrement. Feignons qu´il n´y a pas davantage de plus value, qu´il n´y a de jouissance.
Ainsi, l´économie de marché tombe dans le même piège qu´une certaine psychanalyse qui s´en remet à l´herméneutique. Dans le champ de l´économie comme dans le champ analytique on sait que tout se réduit au signifiant, que la machine du langage se nourrit dans le signifiant et que du réel on ne veut rien savoir.
Mais nous autres, psychanalystes, nous savons que l´homme paie cher cet effacement du réel, et que tout ce qui ne s´inscrit pas dans le symbolique retourne dans la vie des hommes de manière dévastatrice.
La globalisation est l´extension de l´utopie herméneutique dans le champ de l´économie. Mais, à la différence de l´herméneutique –qui peut se maintenir dans un jeu d´abstractions pour philosophes et intellectuels, qui parfois révèle sa propre inaptitude, dans les diverses formes de psychothérapies qu´elle inspire-, l´économie de marché peut être, et pour moi c´est cela, le champ où se déploiera globalement la pulsion de mort.
Il y a cinquante ans, Carl Schmitt, à partir d´un examen attentif entre droit et lieu, ou entre symbolique et réel, prédit une situation impensable à cette époque : l´extension du terrorisme, l´installation de la dénommée guerre juste et, pour finir la guerre civile globale. Il s´agit, selon lui, de faits décisifs dans le futur.
La pulsion de mort est inhérente au fonctionnement de la machine signifiante. Selon Lacan l´autre face du langage c´est la jouissance. Comment faire alors avec cette jouissance qui, comme le soutient Lacan dans le Séminaire XVII, seul Dieu sait où elle peut nous conduire ? (24) La machine sait elle, où elle doit aller, mais nous ne savons pas quel est ce lieu qui conduit à l´homme.
Disons avec franchise que les solutions entre-apercues actuellement sont dérisoires. C´est inutile de demander des solutions aux néolibéraux, parce que leur solution est de favoriser le mouvement automatique de la machine. Leur crédo est de ne pas perturber le conducteur, spécialement si la machine manœuvre seule.
Nous demandons des solutions à la gauche, à toute la gauche italienne, européenne ou, s´il y en a, à d´autres partis. Cependant ceux de gauche ne savent qu´une seule chose : ils ne savent pas avec quel parti se maintenir. Et dans l´attente d´une solution, qui viendrait du ciel, ils jouent les bons offices. Ils voudraient arrêter ou au moins diriger la machine, mais leur demande est semblable à celle du névrotique face à l´inévitable du symptôme, et leurs propositions restent à l´état de bonnes intentions, que révèle seulement une impuissance croissante.
De même d´ autres terrorisés par le fonctionnement de la machine, ou par l´embrigadement de la pulsion de mort, extrémisent leur choix politiques, que ce soient à droite comme à gauche.
Revenons à Lacan. Je le cite : « L´intrusion (de la psychanalyse) dans la politique est possible à condition de prendre en compte, qu´il n´y a pas de discours, et pas uniquement de discours analytique, sans la jouissance ».(25) Bien que cela paraisse paradoxal, formant parti du Champ Lacanien (Titre qu´a donné Jacques- Alain Miller au Chapitre du Séminaire XVII qui traite de ces thèmes), non seulement c´est la psychanalyse, mais également l´économie de marché, qui est de l´ordre de la jouissance.
Nous entrons ainsi au cœur de la solution lacanienne à ce problème. Ce n´est pas une solution facile. Ce n´est pas une solution utopique. Qui sait, si c´est seulement une solution qui sera peut-être inefficace parce qu´ inapplicable, à cause de notre incapacité, à nous analystes, de donner à la psychanalyse le lieu qui lui revient en ce monde.
La solution lacanienne s´appelle discours. Si vous voulez, elle s´appelle articulation des quatre discours. Rien de mieux que ceux-ci quand on se réfère à la jouissance. Le discours […] puise [dans la jouissance] sans relâche puisqu´il s´origine en elle.(26)
Dans les quatre discours, Lacan montre de quelle manière, selon la structure, on peut traiter la jouissance. Cette jouissance est impensable (27) sans la machine signifiante qui selon lui dépend d´elle. Cette jouissance se concentre dans l´homme, point que tout être parlant aspire, bien qu´à son insu, d´être un reste, un déchet.(28) Elle perdure au seuil de la solution lacanienne.
Terminons par quelques réflexions. La première concerne la révolution. Lacan considère qu´une révolution, est celle qui, de manière aristotélicienne permet à chaque élément de permuter les uns les autres dans une rotation ordonnée, comme ce qui se produit dans l´articulation des quatre discours. Il prône que seule une telle révolution ou circulation des éléments permettrait au discours du maître un changement en favorisant la poursuite dudit discours du maître. Soit, de faire en sorte que le discours du maître soit moins primitif, un peu moins idiot. (29)
Une seconde réflexion concerne le déplacement que Lacan opère en prenant comme interlocuteurs, non pas les philosophes mais les experts en économie politique, les experts en modalité de l´installation et du fonctionnement de la jouissance. Ce n´est pas occasionnel que Lacan lie le nom de Marx au symptôme analytique et au plus de jouir. La prééminence de la pensée marxiste par rapport à la valeur des objets souligne le fonctionnement signifiant de la machine économique.(30)
Une troisième réflexion se réfère au discours capitaliste. Si nous reprenons le mathème qu´à donné Lacan à Milan il y a exactement trente ans, le 12 mai 1972 (31), en parlant de l´Université publique, il montre de quelle manière l´homme de l´époque du capitalisme est réduit à l´état de consommateur d´objets, multipliés, faux objets cause du désir. Je cite Lacan « Le sentiment qu´à la société de consommation, que ce qui la constitue en tant qu´élément qualifié, « d´humain », elle se l´attribut par quelques plus-de-jouir produits de notre industrie, des plus-de-jouir de limite, pour tout dire.(32)
Une quatrième réflexion est en relation avec l´église catholique, la véritable, comme indique Lacan. En proposant la théologie pastorale du qu´ils soient frères, il serait plus opportun que la théologie restitue de nouveau l´autorité à court terme de la théologie dogmatique, qui est un discours qui s´articule autour du trou du mystère divin.(33)
Dernière réflexion : de facon incongrue, Lacan lie la solution de la jouissance dans le social et dans la politique avec la sexualité, avec la possibilité d´isoler un certain type de jouissance que nous appelons phallique,(34) et qui est toujours localisée – par conséquent, non globalisée-, particulière – donc , non universelle-, à l´incidence d´un autre type de jouir que celui lié, à la femme, « comme la fleur, submerge ses racine ».(35)
On comprend mieux ainsi pourquoi c´est si difficile de maintenir la démocratie dans un monde de globalisation. Parce que la démocratie est comme La femme : elle n´existe pas. Les démocraties existent. Pour cela, la jouissance de vivre démocratiquement est aussi difficile à écrire et à découvrir que la jouissance féminine.
Nous proposons que l´éthique de la globalisation soit l´éthique du discours.
Traduit par Eliane Kersalé Beladina
Notas:
1- J.-A.Miller, De la naturaleza de los semblantes, Buenos Aires, Paidós, 2002, págs. 58 y ss.
2- C. Schmitt, El nomos de la tierra, Madrid, CEC, 1979.
3- Para comparar las tesis de Carl Schmitt con las que Hans Kelsen, promotor del normativismo e interlocutor de Freud, véase: N. Irti, Norma e luohi, Problemi di geo-dirittro, Roma-Bari, Laterza, 2001.
4- J. Lacan, El seminario, libro17, El reverso del psicoanálisis, Buenos Aires, Paidós, 1992, p.86.
5- A. Baldassarre, Globalizzazione contro democrazia, Roma-Bari, Laterza, 2002, p.6.
6- J. Lacan, El seminario, libro 2, el yo en la teoría de Freud y en la técnica psicoanalítica, Buenos Aires, Paidós, 1983, p.435.
7- P. Del Debbio, Global. Perché la globalizzazione ci fa bene, Milán, Mondadori, 2002.
8- Véase: A. Bonomi, La comunita maledetta. Viaggio nella coscienza di luoggo, Torino, Di Comunita, 2002; Z. Bauman, Dentro la globalizzazione. Le conseguenze sulle persone, Roma-Bari, Laterza 2001.
9- N. Chomsky, Sulla nostra pelle. Mercato globale o movimiento globale?
10- M. Hardt y A. Negri, Imperio, Buenos Aires, Paidós, 2002.
11- G. Vidal, La fine della liberta. Verso un nuovo totalitarismo?, Roma Fazi, 2001.
12- A. Baldassarre, ob. cit pág. 190.
13- J. Lacan, ob. cit. N6, pág.444.
14- A. Baldassarre, ob.cit., pág. 19.
15- Aristóteles, La ética a Nicómaco, I, 1, 1094a.
16- C. Mazzarelli, "Introduzione alla lettura dell Etica nicomachea" en Aristóteles, Etica nicomachea, Milán, Rusconi, 1979, p. 15.
17- Tomás de Aquino, Summa teológica, I, 6, 1.
18- Ibíd., 2-2, 180,7.
19- Hiperuránico es el mundo de las ideas abstractas de Platón. (N. de la T.)
20- J. Lacan, El seminario, libro 7, La ética del psicoanálisis, Buenos Aires, Paidós, 1988.
21- Ibíd., pág. 22.
22- Citado por A. Baldassarre, ob. cit., pág. 213.
23- J. Lacan, El seminario, libro 17, El reverso del psicoanálisis, Buenos Aires, Paidós, 1992, págs. 86-88; y cap. 5 del seminario "El campo lacaniano" 24- Ibíd., pág. 81.
25- Ibíd., pág. 83. 26- Ibíd., pág. 74.
27- Cfr. J.-A. Miller, "Los seis paradigmas del goce", en El lenguaje, aparato del goce, Buenos Aires, Colección Diva, 2000.
28- J. Lacan, "Il fenomeno lacaniano" en La Psicoanalisi Nro 24, Roma, Astrolabio, 1998, pág. 10.
29- Íd., Lacan in Italia. En Italie Lacan, Milán, La Salamandra, 1978, pág.196.
30- Véase sobre el tema la intervención de Adriano Voltolin en este congreso.
31- Ibíd., pág. 40.
32- J. Lacan, ob. cit. N.4, págs. 85 y 86.
33- Reflexión no leída en el Congreso.
34- J. Lacan, ob. cit. N.4, pág. 79.
35- Íd., pág. 83.

27/07/2010

El delirio de normalidad, Eric Laurent

El delirio de normalidad: [*] Eric Laurent

La exploración histórica de la Salud Mental en los dos últimos siglos, que Eric Laurent comenzara en el libro Psicoanálisis y salud mental, continúa en este texto a partir de añadir las últimas vicisitudes entre el psicoanálisis y las burocracias sanitarias, tomando a los CPCT como un dato de esa difícil relación. El análisis punto por punto de cada una de las diferencias locales en la AMP permite situar una relación singular entre el lazo social y el síntoma.

Agradezco a Paula Borsói la presentación. Es necesario agregar el significante "psicoanálisis aplicado" al título "El delirio de normalidad" para comprender lo que vino a producir después de la excelente mesa redonda en la que no escuchamos referencias a la normalidad. De qué modo, en cuatro casos, según una orientación psicoanalítica en instituciones, los colegas captaron lo irreductible del síntoma frente a los ideales de normalización.

Cuando hablamos de casos, de los que damos testimonio no lo hacemos en términos de psicopatología, sea de orientación psicoanalítica o no. Hablamos de casos, uno por uno. En las disciplinas clínicas ya no se habla más que a través de categorías. El sistema de la prueba fue conmovido por la introducción de la Evidence Based medicine, que corrigió totalmente los modos de comunicación clínica. El caso singular en ese sistema de pensamiento estático es la última forma de comunicación que no testimonia más que de un delirio propio del médico.

Nos acercamos, no a la psicopatología general sino al esfuerzo de cada sujeto por tratar su síntoma y a su recepción en las instituciones que, sin nosotros, tendrían tendencia a querer tratarlo como categoría.

El desafío que tenemos fue formulado bien en el texto de Veridiana Marucchio, en la mesa anterior: "…sendo assim, podemos dizer que a psicanálise tomou para si alguns desafios,um deles seria o de resgatar a clínica nestes serviços substitutos ao manicômio regidos por ideais bem definidos trazados pela reforma psiquiátrica e a reabilitaçao psicosocial" (…el psicoanálisis tomó a su cargo ciertos desafíos, entre los que está el de recuperar la clínica de los servicios sustitutivos del asilo, orientados por ideales bien delimitados que vienen de la reforma psiquiátrica y de la rehabilitación psicosocial.)

Efectivamente estamos confrontados a una nueva figura en el campo de las instituciones provenientes de la Salud Mental a nuevos ideales progresistas aportados por la reforma psiquiátrica y a ideales de rehabilitación psicosocial.

Como ciudadanos, preferimos, por supuesto, los ideales progresistas a los ideales reaccionarios. No es menos cierto que son ideales: significantes amo, nuevos, que actualmente forman nuestro contexto; la armadura del discurso del amo postmoderno o hipermoderno que integró las formas de contestación en el interior mismo de su discurso.

Los franceses tenemos que ver con esto de una manera particular, ya que nuestro presidente de la república quiere constantemente refundar el capitalismo, esto hace que las publicaciones anglosajonas se burlen de él en estos términos: "¿Sarkozy es socialista?". En el ejercicio mismo del poder están incluidos todos los discursos críticos. Es un nuevo régimen de funcionamiento del discurso del amo: devorador. Esto nos conduce a interrogar la situación del psicoanálisis aplicado en sus relaciones al discurso del amo.

A esta nueva elucidación nos convocó Jacques-Alain Miller en septiembre de este año. El examen crítico procede desde el año 2003 cuando, él mismo, puso el acento sobre el psicoanálisis aplicado.

Psicoanálisis aplicado es un término extraído del Acta de fundación de la Escuela de Psicoanálisis, por Lacan, pero con cierta modificación. En el Acta de fundación figura "psicoanálisis aplicado a la terapéutica". Esta modificación tiene en cuenta el hecho de que la terapéutica ha cambiado desde el momento que Lacan escribe su texto y el año 2000, siglo XXI.

Precisamente la terapéutica pasó del campo de aplicación de la Psiquiatría al campo de la Salud Mental que con sus nuevas normas de definición de la salud, es la inscripción de la antipsiquiatría en normas burocráticas cuya definición, en el nuevo estilo de gestión del mundo, trata de extraer un saber clínico a los especialistas para volver a ponerlo en un campo definido por administrativos, consumidores y usuarios enmarcados por una orientación política. Hemos pasado de la definición de una terapéutica como saber clínico a la definición de normas sociales que en la Organización Mundial de la Salud están definidas de manera nueva.

A fines del siglo XX se consideraba a la salud como el estado máximo esperable de bienestar tanto corporal como mental y utilitarista que no se fija límites en el saber, es claramente un objetivo ideal. El psicoanálisis se encontraba en un contexto definido por el discurso del amo aplicado a nuevas normas ideales.

A partir del año 2003, el acento puesto sobre el psicoanálisis aplicado fue una tentativa de recordar al discurso del amo su importancia y su posición. El contexto en Francia sufría una ofensiva legal sobre las psicoterapias así como un avance de los comportamentalistas. Europa, donde las burocracias sanitarias fueron conquistadas por los métodos de evaluación, se encontraba implicada en lo que podemos llamar: el delirio evaluativo de burócratas ingleses. En ese marco era necesario convocar con fuerza la utilidad social del psicoanálisis.

Por un lado, Europa, la vieja y la nueva y luego América. En América del Sur, con la gran división Brasil-Argentina que definen dos contextos diferentes y muy importantes - se entiende bien que hay otros colegas de América latina que yo saludo y que tienen también su lugar, pero hay dos gigantes psicoanalíticos que son Brasil y Argentina - y ahí la relación con la ofensiva del discurso del amo es distinta. Luego del período de dictaduras surge la importante ofensiva democrática que permitió la puesta en primer plano de ideales renovados y claramente definidos. Es la generación de los psicoanalistas de los años setenta que pasó al poder. De distintas formas, nuestros colegas en Argentina y en Brasil conocen de cerca a los que tienen responsabilidades y los que están en el poder, en ocasiones, son amigos. La ofensiva al discurso del amo se apoya a la vez sobre esos amigos que tienen ideales y procedimientos que quieren realizar. Pero no están sólo ellos; también están los científicos de generaciones más recientes que luego del combate político se orientaron por una aplicación errónea del universal científico.

Entonces, las relaciones entre el psicoanálisis aplicado a las nuevas normas y el contacto con el discurso del amo se realizan esencialmente en las instituciones de salud mental.

En un contexto distinto, en el que la diferencia estaba marcada por un hecho, una decisión, seguimos durante cinco años nuestra ofensiva de seducción del discurso del amo. La decisión que separaba el antiguo mundo del nuevo era la cuestión de los CPCTs que Jacques-Alain Miller formulaba de la siguiente manera: "Argentina no tiene necesidad de CPCT", habría sin duda que completar: "…y Brasil lo menos posible". Luego, sería una cuestión de interpretar ese: "menos posible".

Después del desarrollo de esas interacciones entre el psicoanálisis y el discurso amo, pudimos constatar el gran éxito que obtuvimos durante el excelente Encuentro Americano de Bello Horizonte por la calidad y la cantidad de trabajos; por la variedad de los campos pudimos constatar la extensión del discurso psicoanalítico a través de la novedad de las normas del discurso amo. Sean cuales fueran esas nuevas normas y sus nuevos significantes pudimos, aparentemente, acomodarnos.

Aceptamos los nuevos síntomas -que son nuevas clasificaciones del síntoma que queda como inclasificable. Aceptamos tener centros especializados para recibir bulimias, anorexias, depresivos, etc. Aceptamos hablar de salud mental, de precariedad. En síntesis, nos encontramos sobrecargados por esta proliferación de nuevas normas. Frente a este gran éxito de la extensión del psicoanálisis aplicado a las nuevas normas surge el síntoma al interior de las Escuelas donde toda la pasión de sus miembros parecía dar vueltas sobre el psicoanálisis aplicado. Las jóvenes generaciones arribaban al psicoanálisis con la idea de hacer instituciones de psicoanálisis aplicado. Los casos clínicos se centraban sobre presentaciones, generalmente, de corta duración, para muchos se desarrollaban en instituciones y se ponía el acento sobre el saber hacer como promesa nueva y menos sobre lo irreductible del síntoma.

Es a partir de ese síntoma de las Escuelas de psicoanálisis y de esta pasión por el psicoanálisis aplicado que desbordaba las Escuelas - en Europa de una manera particular, y en el nuevo mundo con el desborde del CPCT, en Argentina y en Brasil una multiplicación sin duda excesiva de instituciones de psicoanálisis aplicado. Llega la constatación y el alerta que daba Jacques- Alain Miller: ¿en nuestra tentativa de seducir al amo no nos encontramos seducidos por esta nueva figura del amo munido de nuevos ideales contemporáneos? Frente al planteo de esta pregunta venía rápidamente la respuesta. Sí. Hacía falta constatar, tomar medidas conjuntas, colectivas, lanzar una reflexión donde cada uno se interrogue sobre este punto. En lo que concierne a las nuevas generaciones que llegan al psicoanálisis - que no soportan conformarse a las nuevas normas, a los nuevos ideales que se les propone – no se trata de transformarlas en agentes de esos nuevos ideales, de reconciliarlas con ellos, sino por el contrario, recibir su drop out, su "paso de costado" con relación a los ideales de conformismo, en el interior del discurso analítico.

Lo que debemos transmitir a aquellos que encuentran un apoyo en nuestro discurso, podemos dar cierta lista. Lo vemos con el título del IV Encuentro El síntoma y el lazo social. ¿Vamos a explicar el saber hacer según el cual el síntoma va lograr entrar en el lazo social? ¿O bien, vamos a conformarnos con mostrar cómo el síntoma hace obstáculo al lazo social? Esto va a ser más difícil.

Durante el III Encuentro Internacional, nuestro instrumento, el punto de Arquímedes sobre el cual podíamos destacar las nuevas normas, era el síntoma inclasificable que desafiaba a las normas; las nuevas y las viejas. ¿Cuál va a ser el instrumento para plantear la relación entre síntoma y lazo social? Hará falta sin duda, inspirarnos en el título del congreso de la AMP: Semblantes y sinthoma, puesto que el lazo social es un semblante. El lazo social no existe, esto es lo que el psicoanálisis revela. Freud en su Psicología de las masas… subrayaba que mientras se produce el pánico hay disolución del lazo social. Aparece la verdad de ese lazo social fundado sobre las pasiones, el amor y el odio, sobre un muerto y sobre el amor al padre muerto.

Desgraciadamente, tenemos la suerte de vivir en una época en la que la crisis es diaria. Todos los días sabemos que los mercados mundiales bajan 10,15 o 20 %. Vivimos una época interesante al respecto, que recuerda el proverbio chino "pudiera usted vivir en una época ininteresante".

Digamos que los pánicos financieros tomaron el lugar de lo que Freud observaba sobre las masas militares. La crisis que se desenvuelve sobre nuestros ojos nos recuerda que el lazo social es un mito. Por el contrario, en un contexto de saberes limitados, como dicen los economistas, lo que existe es una opacidad fundamental en el corazón del lazo social. El agente supuestamente racional del lazo social económico y político se engaña a sí mismo, está todo el tiempo contaminado por las emociones colectivas, la angustia y el pánico. Vemos aparecer una dimensión de lo real más allá de todo cifrado o simbolización. Como lo decía Barack Obama en su debate con John McCain, el dinero desaparecía más rápido que todo lo que usted puede contar y nosotros vemos cómo, a pesar de su elección, es difícil de reestablecer la confianza, lo que es el nombre de la transferencia, la confianza en un sujeto supuesto saber. Esto nos recuerda cómo para el lazo social hace falta confianza, un semblante que marca este amor a Dios. No hay dinero sin: in God we trust.

Entonces, no hay lazo social, lo que existe son maneras de hablar. Discursos que hacen semblante de lazo social. Cuando Lacan dice que no hay lazo social más que de discurso, subraya el hecho de que no hay más que un lazo social. De entrada, está multiplicado, es múltiple, y depende de la posibilidad de poder sostener un discurso. Fuera de ese discurso, lo que hay es lo real de la angustia destructiva -no de la constructiva, aquella que indica el deseo- por lo tanto, la angustia y la pulsión de muerte.

Entonces, la salud mental tampoco existe. Frente al montaje de ideales de salud mental colectivos, Lacan enunciaba proposiciones provocadoras, como "todo el mundo está loco".

Que se entienda bien, esto no quiere decir que todo el mundo es psicótico, esto no quiere decir que se trata de la abolición de toda clínica, sino que no hay ninguna posibilidad de alcanzar normas comunes. Cuanto más globalizados son los ideales de la civilización más comunes serán los espacios de civilización que antes permanecían separados, más se propondrá una norma para todos en un utilitarismo sin límites, más nos hará falta recordar que todo el mundo es loco. Es decir que cada uno hace obstáculo a la norma de todos. Hay siempre una "x" que hace obstáculo al "para todos" y eso es cada uno de ustedes que hace excepción a la norma. Hagan un análisis, hay muchos en la sala que lo hacen, pero para los que no están todavía en un análisis, hagan esa experiencia y verán que en efecto ustedes también están locos (risas)... que en el fondo ustedes hacen semblante de entrar en la norma, pero su síntoma hace ahí obstáculo. Será siempre ese punto de real que hace objeción. Es por esto que las normas son todas mentirosas.

La idea de proponernos, en nombre de la razón, un ideal que sería soportable para todos, es por ejemplo lo que sostienen los trabajos de Jürgen Habermas. Creyó haber comprendido a partir del psicoanálisis existencial y de los primeros trabajos de Lacan, que el síntoma era una lengua particular de un sufrimiento particular y el ideal era hacer desaparecer esta lengua particular en la lengua común. Hacer entrar la lengua privada en la lengua común por los poderes de la razón o de la cognición que se manifestaban, según él, en la experiencia de un análisis. De ahí su idea de una eficacia comunicacional, que sería posible por una acción precisa de absorber toda particularidad en una gran comunicación general, y es por eso que Habermas devino en cierta manera, la moral común de las burocracias socio-demócratas.

Finalmente, en la experiencia del psicoanálisis, hay un punto que no se absorbe. Cada uno de nosotros no cree, profundamente, más que en su síntoma.

Lo que queda, es del semblante, y es por eso que el síntoma no se reduce a la psicopatología y ella tampoco existe. Son modos de discurso, de clasificaciones, podemos preferir algunas por buenas razones, todas no son parecidas. Sin embargo, no hay que engañarse, ellas no existen.

Es por eso que en el título del IV Encuentro, Síntoma y lazo social, es necesario que podamos sostener que nosotros no haremos, verdaderamente, entrar el síntoma en el lazo social. No diremos solamente que el síntoma hace obstáculo al lazo social, sino que diremos que no hay más que un lazo social que existe, es el síntoma en el discurso.

El discurso analítico se separa de los otros por su ambición de crear un modo de lazo social apoyado sobre lo que hay de irreductible en el síntoma.

Para concluir diré que la manera de protegernos, de defendernos contra el delirio de normalidad, es nuestro esfuerzo constante por mostrar que la salud mental no existe, que el lazo social no existe, que la psicopatología no existe. Una vez que sabemos eso podemos aproximarnos al síntoma como real.

Gracias.
Traducción Carolina Alcuaz | Revisión: Clarisa Kicillof

Notas
* Conferencia pronunciada el 20/11/08 en Río de Janeiro, en el marco de la mañana preparatoria del XVII Encuentro Brasilero del campo Freudiano (Psicoanálisis y Felicidad), mañana dedicada a las relaciones entre el psicoanálisis y el campo de la "salud mental".

Recuperado el 22 de julio de 2010 desde http://virtualia.eol.org.ar/019/template.asp?dossier%2Flaurent.html

06/07/2010

Un artículo en Sigma

Poéticamente habita el hombre. Una lectura de Martín Heidegger

A partir de la pregunta de Hölderlin, en su poema comentado por Heidegger, Mario Elkin Ramírez, elabora su decir: “¿Puede cuando la vida es toda fatiga, un hombre mirar hacia arriba y decir: así quiero yo ser también? Sí. Mientras la amabilidad dura aún junto al corazón, la Pura, no se mide con la mala fortuna el hombre con la divinidad.” El fragmento que Heidegger elige del poema de Hölderlin se inicia con interrogación sobre la posibilidad del hombre de ser de otra manera de lo que actualmente es, de cambiar su vida. ¿Cómo puede el hombre habitar poéticamente cuando su habitar es el alojamiento determinado por el mundo del trabajo, de la empresa, e incluso del placer cuando hay un ordenamiento de su tiempo libre?.. Hoy lo poético no determina la vida de los hombres, no ocupa un lugar central en nuestras vidas como lo hacía el arte sagrado en la Antigua Grecia.

“¿Puede cuando la vida es toda fatiga, un hombre

mirar hacia arriba y decir: así

quiero yo ser también? Sí. Mientras la amabilidad dura

aún junto al corazón, la Pura, no se mide

con la mala fortuna el hombre

con la divinidad. ¿Es desconocido Dios’

¿Es manifiesto como el cielo? Esto

es lo que creo más bien. La medida del hombre es esto.

Lleno de méritos, sin embargo poéticamente, habita

el hombre en esta tierra. Pero más pura

no es la sombra de la noche con las estrellas,

si yo pudiera decir esto, como

el hombre, que se llama una imagen de la divinidad.

¿Hay en la tierra una medida? No hay

ninguna”



El fragmento que Heidegger elige del poema de Hölderlin se inicia con interrogación sobre la posibilidad del hombre de ser de otra manera de lo que actualmente es, de cambiar su vida. Si dice que puede es porque reconoce en ese poder una esencia humana de creación de vida y de mundos, de transformarlos en consecuencia. Puede, es el reconocimiento de una fuerza del hombre de cambiarse a sí mismo.

Mientras la fatiga le viene de los méritos en los que el hombre se desgasta en esta vida terrena. Lleno de méritos ha edificado su propio mundo. La fatiga es el cansancio de la vida para el hombre, del modo de habitar del que proviene su debilidad. El mérito del que habla el poema podría ser en el hombre el de cuidar las cosas que abrigan su ser, las que crecen en la tierra. Pero el hombre es el que construye edificios y esos son, en sentido corriente sus méritos, sin embargo, ellos no dan con la esencia del habitar, porque sólo persiguen satisfacer necesidades. Construir como edificar en el mundo dominado por el trabajo es el esfuerzo cotidiano de los hombres. Pero en ese mundo del trabajo no alcanza la esencia del habitar, sino que lo restringe a la satisfacción de sus necesidades diarias y a la preocupación por el mañana, en ese sentido, el hombre es esclavo de su futuro, está atemorizado por la incertidumbre del mañana. Lucha con el mundo y de allí proviene su fatiga, en esa lucha contra la muerte misma.

Pero, ¿cómo puede el hombre habitar poéticamente cuando su habitar es el alojamiento determinado por el mundo del trabajo, de la empresa, e incluso del placer cuando hay un ordenamiento de su tiempo libre?

Lo poético no tiene cabida como una ocupación más, aunque quiera volvérselo entretenimiento para el tiempo libre. Para la empresa cultural del estado. Hoy lo poético no determina la vida de los hombres, no ocupa un lugar central en nuestras vidas como lo hacía el arte sagrado en la Antigua Grecia.

El planteamiento de Heidegger es que el habitar descansa en el poetizar, mientras el poetizar es un rasgo fundamental del hombre. Pero para reencontrar esa dimensión esencial hay que abandonar toda representación corriente de lo poético. Habitar es un rasgo fundamental del ser del hombre; lo más propio que la esencia de nuestro ser es poético originariamente, tal y como se reveló en el pensamiento presocrático, homérico o hesiódico.

Antes la filosofía habitaba en la tierra. Por ello Hölderlin quiere que el hombre vuelva a esa manera de habitar. Donde la poesía no sea el adorno o aditamento accesorio. Poetizar es para Hölderlin dejar habitar, esto es, dejar que acontezca el mundo. Con Heidegger, es hacer del mundo una residencia donde se deje que habite el hombre en la cuaternidad.

Poetizar entonces es construir con las palabras, y ya se ha dicho que construir es habitar. Es decir, llegar a su esencia.

Hay entonces una secuencia entre poetizar, construir y habitar.

Pero ¿de dónde proviene el saber de que habitar es poetizar? ¿De dónde recibe el hombre esa exhortación? De nuevo, del lenguaje.

Pero para saberlo hay que escuchar verdaderamente, siguiendo su rastro en las palabras del poema. Abandonando la idea de ser dueños del lenguaje y de utilizarlo como medio de expresión. Como instrumento de la empresa que le da un “reinado seguro” y lo hace medida de todas las cosas. El lenguaje nos dice siempre nuestro ser, nuestra existencia en su totalidad. El animal nunca sabe lo que es por no tener lenguaje. En ese sentido, hay que corresponder al habla del lenguaje, a las señales del ser en el lenguaje, para comprender el ser de las cosas. El nombrar del lenguaje es señalar (semainen) por ello se trata de escuchar esos signos en el lenguaje más que significado. Hay que aguzar el oído para escuchar el elemento del poetizar en el decir que habla. Cuanto más libre escucha el hombre, las palabras del poema más se aleja el hombre del representar. Esa escucha es de la tonalidad, del sonido, atendiendo al relieve respecto a lo que lo precede y lo sucede.

Es en esa zona de fatiga que el hombre eleva la mirada como algo extraordinario, un acontecimiento cumbre. Mirar hacia arriba, al cielo, le da otra perspectiva, otra medida. Abandona la medida horizontal y se mide con lo celeste, con la divinidad. Con lo desconocido que se manifiesta en el cielo. Allí se olvida de sí mismo, abandona su medida para todas las cosas. Es lo que el poeta Hölderlin propone, una nueva medida para el hombre habitar en el mundo. Aquella que emerge al mirar al cielo y la que, en esa confrontación le permite descubrir que no hay medida para la tierra. Pero el hombre ha pensado que esa desmesura es el caos y ha pretendido poner allí su orden, su cosmos.

Pero cuando el hombre se entrega a la libertad poética está más allá de toda necesidad. Por ello se trata también de habitar la tierra, entregándose a la fantasía, creando mundos extraterrestres, supra-terrestres, al mirar al cielo. Pero al tiempo mismo en que se arraiga, que hecha raíces en la tierra, a su suelo.

Esa mirada hacia arriba no sobrevuela la tierra para abandonarla, abarca el entre la tierra y el cielo es la interpretación entre el cielo y la tierra, acontece en la dimensión que se extiende entre esas dos entidades de la cuaternidad. Es una mirada, entonces, que despeja, que abre un espacio, que permite que se abra un claro, el del ser. En esa dimensión se casan la tierra y el cielo, se miran. Se abre el cielo al alzar la mirada.

Que el hombre aspire a ser también así lo vincula con lo sagrado, así, como dice más adelante, en la forma sencilla de las imágenes, en la sencillez de la virtud y de la alegría como sentido de afirmación de la totalidad del mundo, del bien y del mal. Si el quiere ser como el cielo, es porque quiere ser otro diferente de quien es, con una medida distinta a la suya. El hombre quiere ser imagen de la divinidad, afirmar su apariencia allí donde se le muestra lo desconocido. Quiere afirmar la realidad como apariencia del Dios que se le muestra. Allí, no quiere medirse el hombre con la mala fortuna.

Con esa mirada el hombre sale de sí, en un instante de bondad y alegría. Y mientras dura la amabilidad junto al corazón, es decir, la gracia, la unidad del hombre y lo divino, le viene del re-cordare, corazón, cordial, amabilidad. Esa es la garantía del retorno de los dioses.

Quiere el hombre encarnar como imagen, como aquello que trae al parecer, eso desconocido que es lo divino mismo. El hombre se mide con los celestes, y ello no es una medida ocasional, es en esa confrontación que se le revela su esencia mortal y allí tiene los otros dos elementos que completan la cuaternidad. Los mortales y los inmortales.

Es la medida a la que el hombre no puede sustraerse, a la muerte, incluso hoy, en un mundo donde se ha anunciado la muerte de los dioses o su huida. Sólo medido con la divinidad el hombre es capaz de ser en su esencia mortal para habitar sobre la tierra, lo que también llena la muerte de elementos sagrados. La muerte aparece como el cofre sagrado que revela el misterio de la vida, esa es la experiencia de lo desconocido. Es la medida que complementa la esencia mortal del hombre. Por ello es fuente de alegría, es afirmación de la vida en su totalidad. La raíz de todo mal es el afán de que el hombre se vuelva medida de la vida y de las cosas. Poetizar toma la medida de Dios con la palabra que acoge lo desconocido.

Pero ¿qué es la divinidad? Es lo desconocido en tanto que es, no tiene nombre, es neutro. Es la nueva invención de la divinidad. Los dioses son invención de los poetas como imagen y los griegos lo sabían, pero aun así se dejaban llevar por ese sueño, para transfigurar su existencia.

Eso desconocido da cuenta de sí, se muestra en la apariencia de las cosas, en la realidad sensible, sin embargo, deja lo divino en el estado de lo desconocido.

Develar lo misterioso es dejar aparecer la medida mortal, que sólo adviene cuando la mano se cansa de explotar y acoge la medida, la toma, se deja interpelar, la escucha, eso es poetizar.

La tierra y el cielo que nos han antecedido y nos precederán son máscaras del Dios. Son el recipiente del caudal del Dios desconocido, de lo invisible. Pero la esencia de la imagen, aunque no aprehende por completo y oculta, es también dejar ver algo, es lo que aparece en la palabra poética. Es la imagen de lo desconocido incrustado en lo familiar, es la imagen que reúne luz y oscuridad, noche, habla y silencio.

El hombre habita en tanto construye lo desconocido en la palabra, por ello el poeta “fábula” mundos. Se trata de un acontecimiento de lenguaje, de palabra que pronuncia la verdad. Poetizar hace que el mundo devenga fábula, como nueva medida de ese mundo.

Fuente:
http://www.elsigma.com/site/detalle.asp?IdContenido=12111

02/07/2010

De la Utilidad social de la escucha

Jacques Alain Miller

En este texto, que muestra en acto la urgencia y la eficacia de la Acción Lacaniana, Jacques Alain Miller responde a la enmienda Accoyer, intento estatal de regular y evaluar la práctica de las psicoterapias –entre las cuales se incluía al psicoanálisis-.
Oponiendo el poder científico y económico al poder de la escucha analítica, plantea que aquéllo que la ciencia ha intentado cuantificar y aislar como objeto científico, no es otra cosa que el objeto a. Por último, señala el intento de los evaluadores de rebajar la práctica analítica y tambien psicoterapéutica, que llevaría a su decadencia, tal como ya ha sucedido en Estados Unidos. Y en conclusión, plantea: conviene que la enmienda Accoyer sea retirada.

La práctica de las psicoterapias ha pasado a ejercerse a gran escala desde hace ya medio siglo. Ha progresado sin estar de ninguna manera organizada por el Estado. Hasta ahora, no ha producido ningún desastre que sea comparable con el de la canícula. En ocasión de los Estados Generales de la Psiquiatría, en Junio (Le Monde del 6 de junio), se pudo constatar que desde que se le da una oportunidad, la demanda de psicoterapia se manifiesta masivamente en Francia.
Y he aquí que el 14 de octubre al final de la jornada, la Asamblea vota por unanimidad, izquierda y derecha confundidas, una enmienda que confiere al ministro de Sanidad el poder de fijar por decreto las diferentes categorías de psicoterapia y las condiciones del ejercicio profesional. En ausencia de cualquier debate público sobre la cuestión, no es seguro que la representación nacional haya medido todas las consecuencias de ese breve texto.
Bernard Accoyer (Vicepresidente del grupo UMP de la Asamblea), el promotor de esta enmienda, dice haber descubierto el año pasado, por azar, bajo la indicación de un corresponsal, la existencia de un inquietante "vacío jurídico" que amenazaría la seguridad pública. Él se propone colmarlo.
Nosotros no decimos que M. Accoyer ha descubierto la Luna. Sin embargo, si hubiera sido fácil introducir en el ámbito de las psicoterapias la licentia docendi (el permiso de enseñar) y el monopolio universitario, podemos pensar que eso estaría hecho desde hace ya mucho tiempo.
Si no ha sido este el caso, hay que creer que existen ciertos obstáculos. Estos obstáculos, conviene primero identificarlos antes de saber si pueden ser levantados, y en qué condiciones, si eso fuera deseable.
La naturaleza misma de la acción psicoterapéutica se presta mal al cotejo de los grados universitarios.
Entre las psicoterapias, la mayor parte de ellas que operan con la palabra y la escucha, proceden del psicoanálisis (y éste, según Michel Foucault, de la práctica de la confesión). Ahora bien, desde el origen es un hecho que las concepciones difieren tanto sobre los parámetros del tratamiento psicoanalítico como sobre los factores que concurren a su eficacia. La naturaleza exacta del "inconsciente" es controvertida. Freud mismo ha cambiado en varias ocasiones de concepción. Las corrientes se han multiplicado, y durante largo tiempo han combatido entre ellas. Actualmente se aprecia una cierta tendencia a la pacificación, pero también a la fragmentación. El desarrollo de la disciplina ha proseguido pues desde hace un siglo fuera de la universidad y es profundamente antipática con el ideal universitario tradicional, tanto más cuanto que se le exige al practicante que haya él mismo pasado como paciente por un análisis, sometido a todas las condiciones de una relación interpersonal, confidencial por naturaleza. El Estado, en su sabiduría, se había hasta ahora preservado de legislar al respecto, a pesar de las tentaciones que periódicamente volvían para "colmar un vacío".
¿Qué es lo que ha cambiado? En primer lugar al lado del psicoanálisis propiamente dicho, práctica poco común y exigente, la demanda social ha dado lugar a numerosas sustituciones y otras maneras de hacer; el público exige ahora la protección del consumidor.
Al mismo tiempo, la medicina esclarecida por la ciencia, ha salido decididamente del empirismo y ha conocido progresos sensacionales que explican que se sueñe en beneficiar al psicoanálisis con nuevos abordajes: codificación de las prácticas, evaluación cifrada de los resultados, establecimiento de series estadísticas, elaboración de protocolos, "coloquios de consensus", "estandarización de las pautas", "procedimiento transversal".
Lejos de nosotros la idea de contestar la cientificación de la medicina, que es algo bueno, pero ocurre que, al menos a nuestro parecer, los métodos que han hecho maravillas en cancerología y epidemiología encuentran obstáculos de estructura en psicoanálisis.
En efecto, aunque pueda parecer sorprendente, en psicoanálisis lo que dice el sujeto de su síntoma constituye el síntoma mismo. Dicho de otro modo, a diferencia del síntoma médico o psiquiátrico, el síntoma en sentido analítico no es objetivo, y no puede ser apreciado desde el exterior; la evaluación misma de la curación es también tributaria del testimonio del paciente. Estamos a mil leguas de la práctica médica contemporánea, que tiende cada vez más a pasar de interrogar al paciente, para extraer en cambio del cuerpo un conjunto de cifras. De hecho, hasta la emergencia del psicoanálisis, el objetivismo de los mejores psiquiatras les conducía a considerar a las mujeres histéricas como simuladoras y a sus enfermedades como imaginarias.
Si el nombre de Freud ha quedado en la memoria es porque ha sido el primero en sobrepasar los ideales del cientificismo que le había formado, y en reconocer, en términos sino científicos al menos compatibles con la ciencia, lo real singular e invisible que estaba presente en el sufrimiento de la histeria. Cuando M. Accoyer ejerce su práctica de ORL, el tapón de cera está ahí, el que obstruye el conducto auditivo, lo ablanda y lo extrae. En los trastornos neuróticos, el ojo clínico no ve nada.
Los tratamientos de pura sugestión donde opera el único ascendiente de la "fuerte personalidad" y que para nada son científicos, sin embargo no están exentos de eficacia. Si no, no comprenderíamos por qué los adivinos, los astrólogos, los Rasputín, han pululado desde siempre por los pasillos del poder. Los malos espíritus sostienen incluso que el carisma del hombre político, véase, del líder religioso, sería del mismo orden que el de los charlatanes.
En el tratamiento psicoanalítico por el contrario, el analista tiende a dejar de lado el factor de su personalidad: disminuye las marcas de su presencia, tiende a lo impersonal, se hace invisible, rara vez utiliza la palabra. Según las escuelas debe, para llegar a la posición ideal, pensar siempre en sus propios pensamientos, o no pensar en ellos nunca. En cualquier caso, se está de acuerdo generalmente en decir que queda un residuo de ese factor personal y que ese residuo es irreductible. Igualmente, aunque sea largo y exigente, un análisis llamado didáctico, aquel que prepara a un sujeto a ejercer el psicoanálisis, no consigue nunca anular este resto. El sujeto científico puede tender a lo impersonal, el sujeto analítico no puede hacerlo.
La evaluación de este factor -llamémosle el factor pequeño a- es muy difícil. No llegamos a cifrarlo, como tampoco podemos "computar" la libido freudiana. Corresponde más bien a lo que los contables de la administración militar llaman una salida de escritura: un caso que se sale del margen. Si Freud ha escrito tanto y ha renovado constantemente sus abordajes, podríamos decir que es precisamente porque quería con desesperación capturar este pequeño a en el discurso científico, y hacer de él un objeto como los otros. Luego vino Lacan que tuvo que concluir que había en el mundo un tipo de objeto que no había sido localizado hasta ahora (al menos en Occidente): lo llamó el objeto pequeño a.
Del lado del analista, este objeto es el resorte del acto analítico; del lado del paciente es el resultado de la operación. Su evaluación requiere procedimientos singulares y, evidentemente, confidenciales.
Por ello, la formación de los psicoanalistas ha estado tradicionalmente asegurada desde Freud por fuera de la universidad, en asociaciones que garantizan la formación y la práctica de sus miembros.
La mayoría de ellos trabajan o han trabajado durante largos años en instituciones públicas; la gran mayoría tiene diplomas universitarios de Psiquiatría y Psicología; otras formaciones universitarias son igualmente acogidas; pero estas formaciones previas no se confunden de ninguna manera con la formación psicoanalítica, que es específica. Cada asociación tiene sus protocolos de evaluación y de acreditación controlados sin cesar por los pares, a través de múltiples encuentros nacionales e internacionales.
Lo que ha chocado en el episodio presente, que deberá ser rápidamente sobrepasado, es la demasiada discreción y precipitación que han marcado la elaboración y el voto de esta desgraciada enmienda y, sobre todo, el vocabulario de urgencia y de amenaza que ha sido empleado. Este estilo de intimidación no era digno de la representación nacional, y no era apropiado para una materia que requiere ser tratada con tacto y discernimiento, con todo el respeto que merece el dolor psíquico, incluso si no aparece sobre las imágenes del IRM, con el respeto también hacia esos psicoterapeutas independientes, sin diplomas a veces, que gestionan honestamente un pequeño carisma personal, ofreciendo una escucha atenta y modesta a la miseria del mundo.
Evidentemente, hay en ese ámbito operadores muy nocivos, que abusan de la credulidad pública, que difunden camelos, que prodigan sin consideración promesas de felicidad. Existen también las sectas, por las cuales M. Accoyer se preocupa legítimamente, sin olvidar los industriales del "psi-business", que acumulan fortunas, pero tememos que justamente sean estos los intocables.
No, "los 30.000 psicoterapeutas que ejercen en Francia", como se dice ahora, no son de ninguna manera en tanto tales una amenaza. Todo lo contrario, ellos aseguran una función social eminente, aunque no reglamentada.
Agujereen por decreto el cascarón de la escucha que envuelve la sociedad, el almohadón compasivo sobre el cual ella se asienta, agujereen el tímpano de todas estas orejas, erradiquen el psicoanálisis, hagan la vida imposible a los psicoterapeutas, den libre paso al amo moderno que avanza con el estruendo de sus protocolos y de sus acreditaciones, acorazado en sus engaños y en sus banderas, y Uds. verán, como por milagro, reaparecer las patologías desaparecidas, tales como las grandes epidemias histéricas; Uds. verán crecer y multiplicarse a las sectas y a las brujas, que se introducirán en las profundidades de la sociedad y escaparán tanto más a su censura.
Hay que saber que las prácticas de la escucha están destinadas a expandirse en toda la sociedad. De aquí en adelante estarán presentes tanto en la empresa como en la escuela, y cada uno puede constatar que inspiran el estilo mismo del discurso político contemporáneo. La escucha se ha convertido en un factor de la política y en una apuesta de civilización. Si hay que llegar a enmarcar este sector que está en crecimiento acelerado, esto debe ser hecho con todo conocimiento de causa, con el acuerdo de los diferentes actores serios, en la serenidad y anticipando los contraefectos.
¿Una reglamentación debe pasar por la creación de un "acto psicoterapéutico" que actualmente no existe? Si fuera creado, sería entonces un acto común para los médicos y para los no médicos, luego entonces, sería descalificado con respecto a la prescripción médica; debería ser remunerado, agravando tanto más el presupuesto de la seguridad social, y padeciendo las inevitables restricciones que se anuncian. Sabemos, por ejemplo, el uso que se hace en Suiza y en los países escandinavos de la llamada a la "buena práctica" para justificar toda suerte de restricciones de acceso a las psicoterapias. Sabemos también cuán incierto puede ser el diagnóstico en esta materia.
En cualquier caso, sería exorbitante incluir en este marco al psicoanálisis, como lo propone el Dr. Klery-Melin en el informe que ha presentado a principio de octubre al ministro de sanidad.
Esto no presagiaría otra cosa que la regresión profunda de la disciplina, su rebajamiento, seguido de su decadencia. Hemos visto que esto ha ocurrido en muchos países, concretamente en EEUU. ¿Es esta "excepción francesa" la que detestamos y la que queremos hacer desaparecer?
Imaginemos que la frontera hoy porosa entre el acto terapéutico y la actividad llamada de "counselling" se endurezca. Los psicoanalistas se verían al final forzados a inscribirse en ese lado. Se construirían redes -analista-consejo, generalista prescriptor ocasional, clínica privada- evitando el paso por el "Psiquiatra coordinador regional" verdadero prefecto de la salud mental, previsto por el Dr. Klery-Melin. Llegaríamos rápidamente a una estratificación de la distribución de la atención. Lo que hasta ahora era accesible al público, con a veces algunos errores de atribución (ciertos esquizofrénicos tratados con sesiones cotidianas de psicoterapias, contabilizados en las hojas de cuidados remunerados), eso estaría a partir de ahora jerarquizado; la no igualdad de las clases sociales frente a la atención se acentuaría aún más; el psicoanálisis estaría entonces reservado a la clase media favorecida (upper middle class).
Cuando la salud pública está en juego, y en el ámbito tan delicado de la salud mental, es muy imprudente legislar sin haber abierto el más mínimo debate público. La coyuntura temporal entre el voto de la enmienda Accoyer y el depósito del informe Klery-Melin se ha añadido al penoso episodio y hace que se le califique de "guet-apens".
Pero sería vano pararse en procesos de intención. Conviene que la enmienda Accoyer sea ahora retirada. Ella habrá tenido el mérito de haber despertado a los psicoanalistas y, más allá, a todos aquellos que no creen que las vías del futuro en nuestras sociedades puedan estar trazadas por el cálculo clandestino de evaluadores con pretensión universal.
Contemos con que el Senado sabrá dejar al debate público la oportunidad de desarrollarse en la opinión ilustrada.


Aparecido en la edición de Le Monde del jueves 30 de octubre de 2003
Traducción: Carmen Cuñat y Oscar Caneda

Fuente Virtualia #10
http://virtualia.eol.org.ar/010/default.asp

25/06/2010

Entrevista a Jacques-Alain Miller sobre el affaire Mosley

Entrevista a Jacques-Alain Miller,
Psicoanalista *
Le Point No. 1856 / 10 de abril 2008 (pp. 64/65)

Le Point : ¿Qué le inspira el affaire Mosley?
Jacques-Alain Miller: Usted observa una rata en el laboratorio, usted comprende inmediatamente: buscar la comida, evitar el dolor, etc. Pero un hombre, habla, lo que complica todo. Su comportamiento no tiene nunca nada de evidente: cualquier novela policial se construye con ello, cualquier defensa legal también. Lleno a mi mujer de atenciones, pero es para engañarla; engaño a mi marido, pero es porque lo amo; etc. En el caso presente, el señor Mosley niega toda connotación nazi. Si contaba en alemán los golpes con una correa de cuero que daba a una joven arrodillada –Eins ! zwei ! drei ! vier ! fünf ! sechs !–, es, dice, porque ella era alemana…

¿Usted le cree?
No necesariamente, pero dijo al menos algo justo: «Es un asunto privado y muy personal». No hizo un espectáculo de cabaret, no produjo una película, no es Dieudonné. No se hizo tampoco fotografiar con la svástica como recientemente tres soldados rasos muy nuestros. Hablemos crudamente. Tres o cuatro veces al año, un señor se oculta en un departamento de Chelsea para jugar durante cinco horas a « tutu panpan » con una pequeña troupe de prostitutas contratadas. Este guignol parece serle necesario para tener una erección. Las chicas llevan en sus valijas un equipaje: el tema puede ser tanto la armada como la prisión o el tribunal. Como en El balcón de Genet. Hay que admitir que es harmless, no le hace mal a nadie. Hay toda una industria, en Londres como en París, o en la Roma antigua, que procura esto a su clientela. Max Mosley no es Michel Fourniret.

Si, pero no reluce mucho…
Los hombres no son ratas, en ellos el goce se realiza por medio de fantasmas. Algunos se contentan con tenerlos en la cabeza, en la ocasión, en el coito más normal; otros los ponen en escena; cuando pasan al acto, en lo real, es otra cosa. En todos los casos, una cierta vergüenza se liga a estos pequeños escenarios, y esta confesión es la más difícil de obtener en análisis, Freud ya lo señalaba. El presente escándalo traduce el hecho de que el goce como tal repugna al espacio público. Sin embargo este espacio está actualmente en expansión acelerada. Con lo numérico, los aparatos de grabación se multiplicaron y miniaturizaron, y por internet nos comunicamos instantáneamente con el universo. Además, con la ayuda del terrorismo, entramos en la era de la vigilancia generalizada. El espíritu del tiempo tiende de este modo a instaurar un derecho a saber, a saber todo, ilimitado. Y entonces, el goce íntimo del hombre público está a partir de ahora en el banquillo. Recuerde la desventura de Bill Clinton. Escándalos de este género están prometidos a multiplicarse irresistiblemente. La vida privada está sin duda mejor protegida en Francia, pero ¿cuánto tiempo aguantará el dique?

¿Cómo interpretar el hecho de que el padre de Max Mosley frecuentaba a Hitler?
Evidentemente, esto crea un efecto de sentido, que cosquillea al voyeur universal en que nos hemos convertido. ¡Ojalá Hitler se hubiera satisfecho con un simulacro de cuatro centavos en un burdel de Berlín! Pero desde ese punto de vista, el monstruo estaba clean, y quizá fuera incluso impotente. En el caso presente, lo que apareció sobre la escena de la historia como una tragedia sin igual retorna bajo la forma de una farsa. El pequeño Max tenía 5 años en 1945, sus padres estaban internados, y es posible pensar que su goce sexual se haya ligado precozmente a elementos del período. «Embarrassing», como dijo con un understatement muy británico, pero no por ello esto hace un nazi. Una mujer puede muy bien ser feminista y no llegar al orgasmo sino a condición de imaginarse violada. Vuestros fantasmas siempre son embarrassing, no están forzosamente de acuerdo con lo que se conoce de vuestra personalidad.

¿Cuando los padres son antihéroes, se puede rechazarlos en bloque, sin arriesgarse al «retorno de lo reprimido»?
No hay regla general. La única regla, si hubiera una, es que siempre existe «la falta del padre». Y vale más que sí: nada más traumatizante que los padres impecables, ¡eso vuelve loco! Pero el affaire Mosley, es una novela del tiempo pasado. El verdadero problema del porvenir, es la desaparición del padre, pues ¿dónde irá la falta?

¿Pero en qué el affaire Mosley pertenece al pasado?
Una dinastía de barones del Staffordshire, gran familia, gran fortuna, altas tradiciones. El padre está allí bien en su lugar, Oswald Mosley, un original, aliado del clan Mitford, amigo de Eduardo VII, diputado conservador, luego socialista, luego fascista, que logró poner en las calles de Londres millares de ingleses con camisa negra. Se lo veía a menudo en la televisión en los años 60-70: se volvió un ícono, exhibiendo “el peor inglés del siglo XX”. En cuanto al hijo, piloto de carreras, constructor de automóviles, abogado, multimillonario, apóstol de la seguridad en las rutas, conciencia moral del deporte automovilístico, tuvo una bella carrera, consagrada hace tres años, en París, por la Legión de honor. Arrastraba solamente un pequeño goce glauco, que no exhibía, pobre traducción, o pobre residuo, de la gesta paterna. Y ahora el oprobio universal y BMW, Mercedes, Honda, Toyota, que truenan, teniendo sin duda algo que perdonarse en relación con 1945. Y el coro de vírgenes ignorantes, no habiendo leído a Sade, y que jamás jamás, hubieran imaginado que semejante horror pudiera existir. ¡Caigamos sobre Mosley! En resumen, la farsa masoquista continúa cada vez mejor.
Siendo un personaje público Max Mosley se puso tanto más en peligro.
Ah, como dice Baudelaire, “el placer, este verdugo sin piedad”. Esto muestra bien el precio que, desde siempre, se liga al goce sexual. Lo nuevo, es este hecho de civilización: frecuentar las mujeres públicas se vuelve peligroso para los hombres públicos. Lo vimos también el mes pasado con el reluciente gobernador del Estado de New Cork, Eliot Spitzer. Plaga de Wall Street cuando era fiscal, tuvo que dimitir por haber fornicado con una prostituta en un hotel. Por precaución su sucesor, un Negro, ciego, comenzó su mandato convocando a la prensa velozmente para enumerar las amantes que había podido tener. Pronto, para asegurar sus funciones, un hombre público no se contentará ya con declarar su patrimonio, deberá igualmente declarar su modo de gozar. No estamos muy lejos. Bertrand Delanoé trazó el camino: candidato a la alcandía de París por primera vez, se cuidó de declarar su homosexualidad. Por haberlo callado, el gobernador del estado de Nueva York debió renunciar en 2004. Un buzz corre ahora por internet, que da el nombre de la supuesta amiga de Hillary. Por poco que mañana se descubra a Obama una o dos amiguitas, y está listo. Etc. Los países católicos tradicionalmente son más tolerantes a las errancias consubstanciales al goce, pero es lo peor del puritanismo anglo americano lo que la mundialización tiende a universalizar; la indignación hipócrita deleitándose con la obscenidad que ella engendra y descubre incesantemente. No se volverá atrás. En un cierto tiempo, los héteros también pasarán a confesar en la plaza pública. Hannah Arendt también causó escándalo hace tiempo hablando de la «banalidad del mal» a propósito de los nazis, ¿Y la banalidad del goce? ¡Un esfuerzo más!

Palabras recogidas por Christophe Labbé
* Se publica en: “France=dépression”, Seuil.

Traducción: Silvia Baudini

Interview Jacques-Alain Miller,
Psychanalyste *

Le Point : que vous inspire l'affaire Mosley ?
Le Point 1856 / 10 avril 2008 (pp. 64/65)

Le Point : que vous inspire l'affaire Mosley ?

Jacques-Alain Miller : Vous observez un rat en laboratoire, vous comprenez tout de suite son comportement : chercher la nourriture, éviter la douleur, etc. Mais un homme, ça parle, ce qui complique tout. Son comportement n'a jamais rien d'évident : le moindre roman policier est bâti là-dessus, la moindre plaidoirie aussi. Je suis aux petits soins avec ma femme, mais c'est pour la tromper ; je trompe mon mari, mais c'est parce que je l'aime ; etc. Dans le cas présent, M. Mosley nie toute connotation nazie. S'il comptait en allemand les coups de martinet qu'il donnait à une jeune femme accroupie-« Eins ! zwei ! drei ! vier ! fünf ! sechs ! »-, c'est, dit-il, que celle-ci était allemande...

Le croyez-vous ?

Pas nécessairement, mais il a dit au moins une chose juste : « C'est une affaire privée et très personnelle. » Il n'a pas monté un spectacle de cabaret, il n'a pas produit un film, ce n'est pas Dieudonné. Il ne s'est pas non plus fait photographier avec la svastika comme récemment trois troufions bien de chez nous. Parlons crûment. Trois ou quatre fois l'an, un senior se rend à la dérobée dans un appartement de Chelsea pour jouer cinq heures durant à « tutu panpan » avec une petite troupe de garces appointées. Ce guignol semble lui être nécessaire pour bander. Les filles apportent dans des valises un petit attirail : le thème est tantôt l'armée, tantôt la prison ou le tribunal. Comme dans « Le balcon », de Genet. Il faut admettre que c'est harmless, ça ne fait de mal à personne. Il y a toute une industrie, à Londres comme à Paris, ou dans la Rome antique, qui procure ça à sa clientèle. Max Mosley n'est pas Michel Fourniret.

Oui, mais ce n'est pas très reluisant...

Les hommes ne sont pas des rats, chez eux la jouissance se réalise par le moyen de fantasmes. Certains se contentent de les avoir en tête, à l'occasion, dans le coït le plus normal ; d'autres les mettent en scène ; quand ils passent à l'acte, au réel, c'est encore autre chose. Dans tous les cas, une certaine honte s'attache à ces petits scénarios, et c'est ce dont il est le plus difficile d'obtenir l'aveu en analyse, Freud le remarquait déjà. Le présent scandale traduit le fait que la jouissance comme telle répugne à l'espace public. Or cet espace est actuellement en expansion accélérée. Avec le numérique, les appareils d'enregistrement se sont multipliés et miniaturisés, et par Internet on communique instantanément avec l'univers. De plus, terrorisme aidant, nous sommes entrés dans l'ère de la surveillance généralisée. L'esprit du temps tend ainsi à instaurer un droit de savoir, de tout savoir, illimité. Et donc, la jouissance intime de l'homme public est désormais sur la sellette. Rappelez-vous la mésaventure de Bill Clinton. Des scandales de ce genre sont promis à se multiplier irrésistiblement. La vie privée est sans doute mieux protégée en France, mais combien de temps tiendra la digue ?

Comment interpréter le fait que le père de Max Mosley fréquentait Hitler ?

Evidemment, cela crée un effet de sens, qui titille le voyeur universel que nous sommes devenus. Plût au ciel que Hitler ait pu se satisfaire d'un simulacre de quatre sous dans un bouge de Berlin ! Mais, de ce point de vue, le monstre était clean, et peut-être même impuissant. Dans le cas présent, ce qui a paru sur la scène de l'histoire comme une tragédie sans égale revient sous la forme d'une farce. Le petit Max avait 5 ans en 1945, ses parents étaient internés, et il est pensable que sa jouissance sexuelle se soit précocement attachée à des éléments de la période. « Embarrassing », comme il le dit avec un understatement très britannique, mais cela n'en fait pas un nazi pour autant. Une femme peut bien être féministe et n'atteindre l'orgasme qu'à la condition de s'imaginer violée. Vos fantasmes sont toujours embarrassing, ils ne sont pas forcément raccord avec ce que l'on connaît de votre personnalité.

Quand vos parents sont des anti-héros, peut-on les rejeter en bloc, sans risquer le « retour du refoulé » ?

Il n'y a pas de règle générale. La seule règle, s'il y en a une, c'est qu'il y a toujours la « faute du père ». Et cela vaut mieux : rien de plus traumatisant que les pères impeccables, ça rend fou ! Mais l'affaire Mosley, c'est un roman du temps jadis. Le vrai problème d'avenir, c'est la disparition du père, car où ira la faute ?

Mais en quoi l'affaire Mosley appartient-elle au passé ?

Une dynastie de baronnets du Staffordshire, grande famille, grande fortune, hautes traditions. Le père est là, bien en place, Oswald Mosley, un original, haut en couleur, allié du clan Mitford, ami d'Edouard VII, député conservateur, puis socialiste, puis fasciste, qui réussit à mettre dans les rues de Londres des milliers d'Anglais en chemise noire. On le voyait souvent à la télévision dans les années 60-70 : il était devenu une icône, on exhibait « le pire Anglais du XXe siècle ». Quant au fils, pilote de course, constructeur automobile, avocat, multimillionnaire, apôtre de la sécurité routière, conscience morale du sport automobile, il a eu une belle carrière, consacrée voilà trois ans, à Paris, par la Légion d'honneur. Il traînait seulement avec lui une petite jouissance glauque, dont il ne faisait pas étalage, traduction miteuse, ou pauvre résidu, de la geste paternelle. Et maintenant l'opprobre universel. Et BMW, Mercedes, Honda, Toyota qui tonnent, ayant sans doute quelque chose à se faire pardonner côté 1945. Et le chœur des vierges ignares, n'ayant pas lu Sade, et qui, jamais, jamais, n'auraient imaginé que pareille horreur pût exister. Allons-y, panpan sur Mosley ! Bref, la farce masochiste continue de plus belle.

Etant un personnage public, Max Mosley s'est d'autant plus mis en danger.

Ah, comme dit Baudelaire, « le plaisir, ce bourreau sans merci »... Cela montre bien le prix qui, de toujours, s'attache à la jouissance sexuelle. Le nouveau, c'est ce fait de civilisation : fréquenter les filles publiques devient dangereux pour les hommes publics. On l'a encore vu le mois dernier avec le flamboyant gouverneur de l'Etat de New York, Eliot Spitzer : fléau de Wall Street quand il était procureur, il a dû démissionner sur l'heure pour avoir forniqué avec une prostituée dans une chambre d'hôtel. Par précaution, son successeur, un Noir, aveugle, a commencé son mandat en convoquant la presse en toute hâte pour lui énumérer les maîtresses qu'il avait pu avoir. Bientôt, en assumant ses fonctions, un homme public ne se contentera plus de déclarer son patrimoine, il devra également déclarer son mode de jouir. On n'en est plus très loin. Bertrand Delanoë a frayé la voie : candidat à la mairie de Paris pour la première fois, il avait pris soin de déclarer son homosexualité. Pour l'avoir tue, le gouverneur de l'Etat du New Jersey a dû démissionner en 2004. Un buzz court maintenant Internet, qui donne le nom de la copine prétendue de Hillary. Pour peu que, demain, on découvre à Obama une ou deux petites amies, il est cuit. Etc. Les pays catholiques sont traditionnellement plus tolérants envers les errances consubstantielles à la jouissance, mais c'est le pire du puritanisme anglo-américain que la mondialisation tend à universaliser : l'indignation hypocrite se délectant du graveleux qu'elle engendre et déniche incessamment. On ne reviendra pas en arrière. A terme, les hétéros aussi passeront à confesse sur la place publique. Hannah Arendt a fait scandale jadis en parlant de « la banalité du mal » à propos des nazis. Et la banalité de la jouissance ? Encore un effort !

Propos recueillis par Christophe Labbé

* À paraître: “France=dépression”, Seuil.

15/06/2010

La psychanalyse des enfants

http://www.causefreudienne.net/la-psychanalyse-du-xxie-siecle/la-psychanalyse-et-les-enfants.html